EPIGN : les femmes du GOR

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A l’EPIGN, le Groupe d’observation-recherche (GOR) réunit des spécialistes de la filature. Pour certaines missions, le concours de personnels féminins des unités territoriales était sollicité. Depuis le 10 décembre, deux d’entre elles ont définitivement rejoint le groupe. A la fois une première et une nécessité.

FEMMES CAMÉLÉONS

01-femmes-epign.jpgIl est stationné au 19, » M. arrête son véhicule à un endroit où elle peut observer « la cible ». L’attente, « elle peut être longue, le GOR, c’est un métier de patience » . Au bout d’une dizaine de minutes, la buée se forme sur le pare-brise. M. entrouvre une vitre, sans quitter l’objectif des yeux. L’homme est entré dans un bâtiment. M. était encore en brigade il y a quelques mois à peine. Elle croise le chemin du GOR un peu par hasard. « Ils avaient besoin d’une femme pour monter une opération judiciaire, c’était l’occasion de travailler avec eux, d’aborder une facette de la gendarmerie que je ne connaissais pas. » Conquise, cette expérience la décide à préparer les tests d’entrée de l’Escadron Parachutiste et d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (EPIGN).
« La cible » sort, s’engage dans une rue. M. retransmet tous ses faits et gestes par radio. Plusieurs équipes quadrillent le secteur. Parmi la dizaine de gendarmes engagés, une autre femme, N. Elle aussi est issue d’une brigade.
« L’investigation, c’est un peu une vocation. » Comme pour M., c’est une opération menée aux côtés de l’EPIGN qui la lui révèlera. « La cible » n’est plus dans le champ de vision de M. En une fraction de seconde, elle modifie sa tenue. « Nous devons nous fondre dans la masse, être de véritables caméléons » M. et N., affectées à l’EPIGN, évoluent exclusivement pour le compte du GOR.

02-femmes-epign.jpgLeurs principales missions sont la surveillance, la filature, et le concours technique (installation par exemple de matériels de vidéo et de transmission d’images). En intégrant le Gor, elles sont devenues les premières sous-officiers de l’EPIGN. Une incorporation qui s’est très bien passée. Ici, elles sont les égales des hommes et ne bénéficient d’aucun traitement de faveur. Le 10 décembre 2004, elles ont reçu le brevet de l’EPIGN. Deux pionnières qui ont « hâte que d’autres les rejoignent » .

Pour pouvoir se présenter aux tests de sélection, il faut être reconnu apte médicalement. Ces tests qui reproduisent des conditions de travail sur le terrain, se déroulent sur une semaine et ont lieu en même temps que les candidats masculins.

En cas de succès, un stage probatoire de 3 mois et demi constituera la dernière phase de la sélection. C’est au cours de ce stage que les femmes acquerront leur formation initiale pour servir au GOR.

Didier est instructeur au sein de l’EPIGN. Il a suivi M. et N. des tests de sélection à leur formation. « Les tests sont les mêmes que pour les hommes. Sur le terrain, elles sont confrontées aux mêmes missions qu’eux. » Didier reconnaît avoir été surpris par ces femmes qui « avaient la volonté d’aller jusqu’au bout, qui n’ont pas baissé les bras malgré la difficulté. »

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De longues heures de patience, une observation continue.

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Texte: Gend. Sébastien Poirée – Photographies: Gend. Philippe Latrubesse
Extrait du magazine GEND’info n°276