La maréchaussée : justice et chevalerie

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A la fin du XIIème siècle, la « Maison du Roi » était dirigée par quatre grands officiers : le Sénéchal, à la tête de l’armée et de la justice; le Chambrier, gardien de la chambre du roi; le Chancelier, secrétaire et gardien du sceau royal et enfin le Connétable qui dirigeait les écuries secondé par les maréchaux.

En l’an 1190, Philippe Auguste quitte son royaume pour participer à la troisième croisade. Ses conseillers, et notamment le Grand Sénéchal, Thibaud V, chef des Armées, le prient de s’entourer d’une garde personnelle de sergents à masses, des sergents d’armes.

Chevaliers

La mort de Thibaud, lors du siège de St Jean d’Acre, le roi ne lui nomme pas de   successeur mais répartit ses attributions entre les trois autres officiers.

C’est  ainsi que le connétable Matthieu II de Montmorency se voit accorder des pouvoirs militaires vers 1218.

Le connétable devient donc le nouveau chef de l’armée et le gardien des sergents d’armes.

Pourvus d’une masse d’armes, les sergents d’armes gardent le roi; c’est leur mission originelle. C’est ainsi qu’ils participent à la première bataille nationale française, à Bouvines, le 27 juillet 1214.

Plus tard, ils accompagnent Saint-Louis à la 7ème croisade, combattent à ses côtés en Egypte et sont près de lui quand il rend l’âme à Tunis.

Les successeurs de Saint-Louis conservèrent les deux cents sergents d’armes qui s’étaient constitués en confrérie et participaient à toutes sortes de fonctions: bailli, receveur des impôts, architecte, gardien de château, maître d’hôtel, combattant, agent de la police judiciaire du roi, facteur, etc.

En 1343, Philippe VI réduit leur effectif à cent puis ils disparaissent complètement sous Louis XI.

Pour rendre la justice, le connétable disposait d’une juridiction spécifique : la Connétablie, et les maréchaux de la Maréchaussée. Ces deux tribunaux militaires s’établirent à Paris au XIV° siècle.

En 1353, le roi Jean Le Bon ordonne au Connétable et aux Maréchaux d’assurer la répression des délits de guerre.

En 1439, Charles VII créé une armée royale permanente composée d’archers à pied et de gens d’armes à cheval.

En 1501, les premières compagnies de Maréchaussée sont créées puis en 1525 les deux juridictions sont réunies sous le nom de : « Connétablie et Maréchaussée de France ».

Un capitaine en 1590

En 1536, François 1er étend les pouvoirs de la Maréchaussée aux « crimes de grand chemin« .

L’édit du 09 mars 1720, supprime les charges prévôtales de la Maréchaussée qui est alors constituée en brigades établies chacune sur un secteur géographique avant qu’un réel maillage soit réalisé en 1769.

La Loi du 16 février 1791 précise dans son article 1er : « La Maréchaussée portera désormais le nom de Gendarmerie Nationale ».

Au cours de ces deux derniers siècles la Gendarmerie prendra différentes appellations … « Gendarmerie Impériale« ; « Gendarmerie Royale« ;  » Gendarmerie Départementale » .. puis des subdivisions d’ Arme seront crées.

Le 20 mai 1903 paraît le Décret sur l’organisation et le service de la gendarmerie. Complété au cours du XXème siècle par de nombreux textes, ce Décret est toujours en vigueur.

Jusqu’en 2009, forte de près de 100.000 hommes – et femmes-, la gendarmerie dépendait du Ministère de la Défense Nationale.

Source: Revue historique de l’Armée 1974. – Documentation professionnelle – Articles de la « Revue de la Gendarmerie »