GIGN : réseau international (2005)

0
562

Le GIGN est devenu au fil des années, une référence internationale, récemment il a été choisi par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) pour participer à l’instruction de ses 188 pays membres.

En plus d’une reconnaissance nationale, le GIGN collabore au niveau International avec d’autres groupes européens, (GS-G9 allemand, le GIS italien, les SAS britanniques) ou américains (unités spécialisées du FBI, SEAL de la Navy, SWAT de la police).

Dans le cadre de la « veille opérationnelle » , le GIGN est la seule unité d’intervention française à parler au nom de la France, présente aux séminaires du WGITS (Working Group on International Technical Support) qui regroupe nombre unités d’intervention dans le monde (1); aux séminaires Bélier impliquant des groupes qui travaillent plus spécialement dans le domaine de l’effraction ; mais aussi à l’INWG (International Négociation Working Group) qui, sous la houlette des experts en négociation du FBI, permet l’échange des connaissances et des expériences et tente d’harmoniser les procédures.

Outre ces différents séminaires, les spécialistes du groupe participent aussi à des « works shops » tactiques, spécialement avec leurs homologues européens, où chaque fois un cas tactique est présenté : chercher un otage dans un étage, avec une progression et un franchissement.

Chacune des équipes des différents groupes met alors en pratique ses connaissances. Les Français ont ainsi découvert il y a quelques années, auprès d’un groupe d’intervention nordique, des modèles de charges explosives très intéressants permettant de « découper à la demande » telle porte ou tel mur. Derrière les signatures de protocoles qui permettent de lier ces unités entre elles, on trouve des analyses de cas concrets, des réflexions sur les nouvelles menaces et des échanges fructueux. « Ces travaux en commun sont plus que productifs, car nous avons toujours à apprendre de ou à nos homologues. »

La « veille tactique »

La « veille tactique » concerne la réflexion tactique et la réalisation de dossiers d’objectifs potentiels. Cette dernière est effectuée par la nouvelle cellule dossiers d’objectifs dont la mission consiste à mener un travail de documentation sur des sites où le GIGN peut être amené à intervenir. Désormais, les éléments de cette cellule mettent systématiquement en forme informatique, à l’aide d’un logiciel spécialement développé à cet effet, toutes les informations, plans et photos de chaque site. Par exemple, les plans des établissements pénitentiaires sont en trois dimensions et permettent aux sections opérationnelles de pouvoir visualiser dans l’instant leur future progression.

La « veille technique »

Les gendarmes du groupe travaillent aussi à la « veille technique » , assurant la recherche et le développement d’innovations, comme en témoignent la nacelle repliable qui permet d’emporter plusieurs éléments d’une équipe opérationnelle sous un hélicoptère,ou encore le bras articulé Steadycam pour porter plus facilement et plus légèrement le bouclier d’assaut, le ballon d’observation, la valise des négociateurs comprenant des émetteurs-récepteurs et des enregistreurs, mais aussi un mini-robot guidé pour voir sans être mis en danger ou bien le mini-drone pour observer en temps réel au-dessus de l’objectif.

Cette « veille technique » se concrétise aussi, au sein des cellules spécialisées, par un partenariat avec la firme Accuracy International pour expérimenter ses fusils en différentes conditions, car le groupe aligne plus de cinquante armes en calibre 338 pour le tir à longue distance. Pour la cellule effraction, intéressée par l’ouverture des portes « chaude » ou « froide » , c’est- à -dire avec ou sans explosif, la « veille technique » se traduit enfin par des recherches actives sur les différents blindages.

Des innovations

« Car depuis maintenant quelques années, on assiste à un renforcement significatif des structures, avec des vitres blindées, des portes blindées, même dans les HLM, et les bâtiments sont de plus en plus solides pour répondre aux nouvelles normes de sécurié » fait remarquer l’un des officiers en charge de la « veille technique ».
« II faut donc que nous soyons capables de pénétrer dans ces nouvelles structures, tout en minimisant les dégâts. Il ne s’agit pas de tout faire sauter pour ouvrir le sas d’un immeuble ! Il faut donc trouver des explosifs particuliers et des concepts pyrotechniques spécifiques, le GIGN en a d’ailleurs développé certains, seul ou en partenariat avec des entreprises privées. »

Grâce à la création de la cellule effraction lors de la restructuration du GIGN, le groupe a réellement réalisé un bond en avant en matière de techniques d’effraction. D’autant que la gendarmerie a consenti un effort important pour acheter des structures modernes (portes blindées, volets roulants, stores et fenêtres) destinées à être étudiées et ensuite détruites. Ainsi, durant chaque exercice mettant en scène un forcené , la cellule pose une porte blindée, demande aux équipes opérationnelles d’y fixer la charge adéquate et de la faire exploser avec le minimum de dégâts et le maximum de résultat.

Toujours dans le domaine de la « veille technique » , la cellule franchissement a développé pour le groupe un harnais-baudrier Petzl spécial avec un anneau décentré qui permet, lors d’une descente en rappel, de ne pas partir en arrière entraîné par tout l’ équipement. De même ont été mises au point des échelles larges pour les escalades le long des murs ou encore des ventouses pour les plongeurs d’intervention quand ils se « fixent » sous la coque d’un navire.

1- Le WGITS regroupe quatorze pays dont les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, la Suède, le Danemark, la Norvège, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, Israël, la France et l’Afrique du Sud.