Les valeurs du GIGN

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Au-delà des valeurs militaires communes à tous les gendarmes, le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale se distingue par des règles bien singulières qu’elle a su transmettre depuis ses origines : le respect de la vie, l’engagement, servir, l’esprit de corps et le sens du sacrifice.

Des gendarmes avant tout

Gendarme toujours présent où ton devoir t’appelle

A ton serment à jamais fidèle

Puisse Sainte-Geneviève de tous tes maux te garder

Et le sens de l’honneur jusqu’au bout du chemin te guider.

Le respect de la vie.

Prouteau parle des débuts du GIGN, et des premières sélections : « Je n’ai pas eu beaucoup de volontaires, j’en ai eu une cinquantaine. Sur la cinquantaine j’en ai sélectionné dix-sept. Ça peut paraître complétement dérisoire mais c’est ce noyau qui va conduire au GIGN tel qu’on le connaît actuellement. Et je les réunis tous et je leur dis : je veux qu’avant que vous acceptiez cette mission, que vous ne compreniez qu’elle ne pourra être acceptable, que l’on ne pourra aller qu’au bout de ce que l’on veut faire, que si on met des règles morales importantes. Et pour moi la règle la plus importante, c’est le respect de la vie»

Mise en place à la création du GIGN, cette règle fondatrice demeure primordiale. Imposée par le Lieutenant Christian PROUTEAU elle a été acceptée de tous et a perduré malgré les évolutions de l’unité.

Quelle que soit la mission, le GIGN n’appelle pas ses opposant des ennemis mais des adversaires. Leur but est de préserver les vies humaines en retardant au maximum les effusions de sang. L’usage des armes n’est envisagé qu’en ultime recours, lorsque toutes les méthodes de négociation ont échoué, ou lorsque c’est le seul moyen de défendre la vie humaine.

Quelques éléments forts rappellent cette valeur :

  • Chaque stagiaire se voit remettre un revolver Manurhin modèle 1973. Cela peut paraître étonnant tellement il semble aujourd’hui acquis qu’un pistolet automatique peut fournir une puissance de feu bien supérieure à celle d’un revolver. Pourtant le GIGN a préféré maintenir le MR-73 comme arme d’appoint selon le principe énoncé par le père fondateur du Groupe, Christian PROUTEAU : « Dès le départ, j’ai pris comme but que, s’il fallait toucher un homme, on le toucherait avec une, deux balles peut-être. Trois, c’est du gaspillage ou alors c’est de la maladresse et, dans ce cas-là, il faut changer de métier. […] On suppléait donc la quantité de feu par la qualité. » (GIGN 10 ans d’action, Y. Gaguèche, Ed Acacias, 1985).
  • Lors des séances de tir, les gendarmes s’entrainent à viser l’épaule afin de chercher à neutraliser les individus, sans les tuer.

Logiquement, la devise du GIGN est la suivante :

« S’engager pour la vie ».

Très souvent on a peu également lire une autre devise forte : « Être prêt à tout donner jusqu’au don de soi pour que triomphent la vie et le droit »

Respecter la vie, c’est être prêt à donner la sienne pour l’innocence,

en repoussant à l’extrême limite l’instant où il faut se résoudre à choisir,

parfois en une fraction de seconde, dans le respect du droit,

entre la vie de ceux qui nous sont confiés et celle de celui qui nous menace.

Il est de notre devoir de nous y préparer, de notre responsabilité d’être prêt à faire ce choix.

L’engagement, servir

Pour Christian PROUTEAU, l’engagement représente « le don de soi à l’extrême, c’est-à-dire savoir qu’au moment où on a choisi de venir servir dans cette unité on ne savait pas forcément ce qu’on allait y trouver, on savait en tous les cas ce que l’on cherchait : l’excellence, être parmi les meilleurs. »

Le Chef d’escadron GALLOIS définissait en 2005 l’engagement comme « la notion d’entrer au cœur de l’évènement et d’y aller avec son esprit et son corps, sachant que vous ne laissez rien derrière. Vous allez au cœur de l’évènement et vous n’êtes pas sûr de pouvoir revenir. »

Non pas se servir du Groupe

Ni même servir au Groupe,

Mais Servir le Groupe

L’esprit de corps

Comme dans toute unité militaire, les gendarmes du GIGN n’interviennent jamais seuls. Cette notion de groupe prend une place prépondérante au GIGN et dépasse le cadre des missions : le GIGN constitue une sorte de famille, une confrérie, dans laquelle chacun s’entraide.

« Dans les secondes de l’action, la motivation, c’est la notion d’esprit de corps, du service d’un groupe. C’est la notion de fraternité, la fraternité d’arme qui prend toute sa dimension. » Chef d’escadron GALLOIS.

Ainsi le rite ultime pour tout nouvel entrant au GIGN est le « tir de confiance ». Tour à tour cible et tireur, tous les novices y passent. L’entrée dans le Groupe est à ce prix : une mort symbolique scellant la fraternité d’arme dans la poudre et le feu.

Le sens du sacrifice

« Face à une menace effrayante, il faut des gens qui aient été formés sur cette logique du sacrifice. […] Dans l’armée on ne pleure pas ses morts, on les honore. Leur sacrifice n’est pas vain. Et quand quelqu’un décède dans une unité comme celle-ci, il y a une certaine gloire, un sacrifice. »

Frédéric GALLOIS, ancien commandant du GIGN.

Les principes d’action

Face à des menaces multiformes, le GIGN ne cesse de s’adapter à ces évolutions en se reposant sur trois principes d’action :

  • Répondre à la surprise par l’organisation
  • Répondre à la force par la souplesse
  • Adapter la juste riposte à la menace

Au début des années 2000 l’unité aime à dire que tout gendarme « réfléchit en homme d’action et agit en homme de réflexion ».