EPIGN : Le Groupe d’Observation et de Recherche (GOR)

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Dans le cadre d’une enquête déjà ouverte par un juge d’instruction, suite à une commission rogatoire d’un officier de police judiciaire de la gendarmerie, celui-ci peut solliciter l’action du GOR quand les techniques dépassent les compétences d’une unité territoriale ou d’un GOS (Groupe d’Observation et de Surveillance). Et cela en fonction du degré de dangerosité.

Une équipe d’évaluation est envoyée pour « prendre le pouls de l’enquête » et savoir s’il est opportun ou non à ce stade de faire appel au GOR. Elle donne son avis : « On peut le faire ou pas. »
Si c’est positif, l’équipe détermine les moyens à mettre en œuvre, et le GOR est alors engagé par message de la direction générale de la gendarmerie. Commence alors le travail de recherche et de renseignement, toujours dans un cadre légal strict.

Si une mission de reconnaissance peut durer une journée, elle peut aussi s’étaler sur plusieurs semaines. Tout dépend de l’effet recherché : « faire un environnement » comme il est dit dans le groupe ou relever tous les éléments constitutifs d’une infraction. C’est alors un engagement à temps complet, 24 heures sur 24, où un ou plusieurs individus sont filés et photographiés, dans n’importe quel milieu, urbain ou non ; les éléments du GOR devront alors se travestir ou s’enterrer « dans la verte » pendant plusieurs jours s’il le faut.

Les gendarmes de l’EPI apprennent tout du camouflage, surtout quand il est nécessaire de « monter » une cache pour effectuer des prises de vues avec un appareil de vision nocturne, ou encore lorsqu’il s’agit de poser des matériels d’acquisition de renseignements près de bâtiments ou de véhicules. Tout un art qui s’acquiert auprès des « anciens » et au fil des missions. Lors de l’observation d’un point, il est souvent nécessaire de mettre en place un système d’approche, et un autre pour l’exfiltration.

« II est vrai qu’une opération peut être montée en quelques heures, mais on préfère y aller progressivement. En somme, prendre pied petit à petit et voir comment l’objectif réagit, avant de resserrer le dispositif le cas échéant. Mais les risques sont grands : quelqu’un de décelé, et c’esf peut-être un an d’enquête de foutu ! Chaque opération doit être soignée, d’abord pour nous, mais aussi pour les gendarmes sur le terrain qui ont préparé l’opération. »

Il faut savoir que la conduite de l’enquête est assurée par l’OPJ en charge, mais que les opérations sont dirigées pas le chef de détachement. Les éléments du groupe partent en véhicules dans la France entière (les missions peuvent être aussi effectuées dans les DOM-TOM, mais c’est rare), et c’est pour cette raison que l’EPIGN aligne un parc de véhicules important, de la voiture rapide aux motos tout aussi rapides.

Le GOR est composé de sous-officiers comptant en général plusieurs années dans les groupes de protection.

En ce qui concerne le degré de dangerosité , on distingue d’abord les affaires de terrorisme, puis de manouches, de grand banditisme, et ensuite de trafiquants de drogue. Bien souvent, la « cible » n’est pas dangereuse, mais c’est son environnement qui peut l’être. Le GOR est appelé à travailler sur tout type d’affaires : terrorisme, VAMA (vol à main armée), grand banditisme, trafic de stupéfiants, suivant des critères d’engagement stricts : dangerosité des individus à approcher, sensibilité de l’enquête, technicité des moyens à mettre en œuvre.

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