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Insécurité : les révélations fracassantes du fondateur du GIGN

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Gérald Darmanin a-t-il le numéro de téléphone du créateur du GIGN ? Comment peut-on se passer des recommandations d’un homme doté d’une telle expérience sur le sujet de la sécurité ? Même à 79 ans, le Commandant Christian Prouteau est parfaitement lucide et à l’abri de toute vanité de carrière. Pour le pouvoir en place, cela offre bien des avantages…

On le sait, il a joué l’un des plus grands rôles en matière de sécurité intérieure. En tant que créateur du fameux GIGN, en 1973, qui a si bien œuvré dans l’intérêt du pays en de nombreuses occasions très périlleuses (il a lui-même été blessé au visage lors d’une intervention en 1980 contre un forcené à Pauillac) avec 64 opérations réussies sur 67, qui lui valent une réputation mondiale. En 1982, responsable de la protection de la présidence de la République à l’Élysée notamment sous Mitterrand, c’est à lui que l’on doit le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République). 

Une question de principe sans sous-estimer les difficultés de la mise en pratique. Sous Mitterrand, il a bien tenté par exemple d’obtenir du Garde des Sceaux, Robert Badinter, une définition précise de la notion de terrorisme afin de pouvoir mieux faciliter le travail des tribunaux. Cela n’a pas été aisé. Si on parle désormais d’entreprise de terrorisme ; il n’y a toujours pas de notion juridique précise en la matière. Une faille dommageable dans laquelle s’engouffrent à bras ouverts les avocats.

À propos des blacks blocs (« ils viennent de toute l’Europe » [sic]), et des casseurs dans les manifestations, le Commandant est sûr de son fait : « Il faut instaurer un délit d’infraction continue, qui consiste à pouvoir poursuivre dans le temps tout perturbateur régulier de manifestations ; ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » Autre avantage : « Cela ne remet pas en cause le droit de manifester de tout un chacun, puisque cela ne s’adresse qu’aux perturbateurs avérés. » Une interdiction qui n’est pas aujourd’hui possible dans le cadre du code actuel !

« Au fait, savez-vous que le code interdit aussi depuis longtemps de porter une cagoule et de cacher son visage dans un lieu public ? », rajoute-t-il. J’avoue l’ignorer.

Autre moyen à mettre à disposition de nos forces de l’ordre serait d’autoriser, comme cela se pratique déjà en Grande-Bretagne, le recours à “l’IMSI-catcher”, un dispositif de géolocalisation des téléphones portables permettant d’authentifier la présence effective d’individus sur les lieux incriminés. Cela aurait bien des avantages, et ne gênerait personne, à part précisément les fauteurs de troubles.

Malgré l’importance des sujets, Christian Prouteau conserve son calme et sa bonhommie. À un moment, la brillante et médiatique députée “Renaissance” des Hauts-de-Seine, Prisca Thévenot, vient le saluer chaleureusement. Le Commandant ne tarit pas d’éloges sur son intelligence et sa facilité d’élocution.

À propos de Macron, Christian Prouteau se rappelle ce déjeuner organisé en 2019 à l’Élysée avec la garde rapprochée du président : « C’était l’époque où ils ne touchaient pas terre… Progressisme oblige, le passé ne les intéressait guère… Encore sur un nuage, les Kohler et Séjourné voulaient simplement voir de près le vieux crocodile. À aucun moment, ils ne m’ont demandé le moindre conseil… »

La France est un pays complexe, on le voit aujourd’hui : « Et si Mitterrand était le dernier président homme d’État et féru d’histoire avec un vécu sans pareil. La génération Macron, elle, reste largement techno et inexpérimentée… »

Alors que les problèmes d’insécurité n’ont jamais été aussi prégnants, il est singulier de constater que, depuis 2027, aucun ministre de l’intérieur, à commencer par l’hyperactif Gérald Darmanin, n’ait cru penser utile de voir ou consulter un homme de sa stature. Considéré à l’étranger comme une légende de l’anti-terrorisme par exemple, cela paraît largement étonnant.

Et si c’était cela le principal problème de nos gouvernants actuels : à savoir de penser pouvoir se passer de nos meilleurs spécialistes. Cela se retrouve dans beaucoup de domaines. Ne manquez pas l’entretien accordé par le Commandant à EntreprendreTV. Il est riche d’enseignements… y compris sur l’Ukraine.

Pour lui, l’arme de l’avenir reste celle du laser, et il conseille deux jeunes pousses françaises prometteuses sur le sujet, ne désespérant d’obtenir un jour le soutien de la DGA. Là aussi, il attend…